28 Août 2010
L'aventure continue; nous atteignons Piura le 1er août. La ville nous semble hostile et l'Equateur nous manque déjà. Ville nouvelle de 500.000 personnes sans aucun intérêt touristique qui se situe au beau milieu d'un désert. À peine arrivé nous nous faisons harcelé par les chauffeurs de taxi et touk-touk (taxi-moto) puis direction le distributeur qui à son tour nous fait des misères en nous filant des dollars au lieu de la monnaie nationale (le nouveau sole). Il ne nous reste plus qu'à trouver un bureau de change…. Bref, on court prendre un bus pour Chiclayo.
Chiclayo : ville de 600.000 habitants située près de la côte Nord-Ouest du Pérou. Tout comme Piura la ville n'a pas d'intérêt touristique, mais à 10km de là se trouvent les deux plus beaux musé du Pérou (El senor de Sipan et le musé Bruning). Le premier nous présente le 'trésor' découvert au cours des fouilles sur le site de Sipan qui se trouve au sud de Chiclayo. Ce site était essentiellement composé d'une Huaca (tombeau pyramidal) où l'on a retrouvé onze tombes dont celles de deux seigneurs Moches et d'un religieux (sacerdote). Le musée décrit chaque tombe avec ses offrandes, ses bijoux et la disposition des corps qui accompagnaient le seigneur (ses femmes, son conseiller, son chien, un lama, un garçon et évidemment un gardien et un vigile pour surveiller le tout!). Le musée est magnifique. Le second musée retrace les différents peuples que se succédèrent dans la région (Moche, Chimu…).
broche en or - musé Bruning
Nous quittons Chiclayo pour rejoindre Chachapoyas à 9h de bus vers l'intérieur des terres. Suite à un horaire de marde, nous arrivons à destination à 5h du matin:-s. Il nous reste à attendre les premiers collectivos (taxi collectif) pour rejoindre Tingo.. Nous patientons dans un parc durant 2h où un chien errant nous à tenu la garde durant tout ce temps (personne ne pouvait s'approcher de notre banc, lol)
Tingo est une petite bourgade de 500 habitants située 2000m d'altutide le long d'un rio. Le vieux couple qui tient l'auberge est adorable et nous explique comment se détendre sur la terrasse en regardant la rivière
le pied!! C'est surtout le point de départ pour monter jusqu'à la forteresse de Kuelap. Après 3h d'ascension sur un sentier abrupte en plein soleil, nous arrivons à bout de souffle et 1000m plus haut face à une muraille imposante : Le site de Kuelap est devant nous. Il s'agit d'un site archéologique qui date de 300avJC à 900 apJC (soit plus de 1000 ans avant les Incas). Cette forteresse a été fondée par les Chachapoyas et mesure 600m de long sur 100 de large et est protégée par une muraille de 20m de haut. La particularité du site est l'architecture circulaire (maisons rondes avec terrasse de dalles qui reliée toute les habitations). La ville comptait à son apogée 3000 habitants répartis dans quelque 420 maisons sur trois niveaux selon la classe sociale. Les habitants cultivaient essentiellement du maïs et élevaient des cochons d'Inde. Pour le reste, le trock était utilisé. La zone de commerce s'étendait de la côte à la jungle.. Les lamas servaient à monter l'eau et les vivres. Le site est passionnant et très peu touristique, nous étions seuls durant la visite.
el tintero - Kuelap
Le lendemain, debout à 6h pour prendre le bus qui nous mènera à Cajamarca. Manque de bol, le bus quotidien est plein! Avec Marie-Anne et Audrey (deux Québecoises rencontrées à l'hôtel) nous tentons de choper un camion à patate ! en vain… nous prendrons finalement un collectivo pour atteindre Leymebamba.. Le pseudo 'flic-chauffeur de taxi' nous à promis de nombreux camions là-bas. Après avoir tenté de nous abandonner dans un village pommé, nous arrivons finalement à destination et …surprise.. pas de camion! Nous attendrons 4h sur la place à jouer de la guitare sous le regard curieux des passants pour finalement prendre une chambre d'hôtel et attendre le bus du lendemain..
La route entre Leymebamba - Celendin et Cajamarca est splendide! La piste étroite sillonne la montagne à une hauteur vertigineuse puis rejoint une vallée aride où il ne fait pas bon de tomber en panne. Celendin se trouve au beau milieu de ce désert au bord de l'unique rio.
Cajamarca : ville historique où fut retenu prisonnier et tué le dernier empereur inca Atahualpa par Francisco Pizarro. Durant 9mois Atahualpa fut enfermé ; en échange de sa libération il proposa de remplir sa cellule (à hauteur de bras) d'une fois d'or et deux fois d'argent. Durant des mois, le peuple réunit la somme promise mais au lieu de libérer l'empereur, ce dernier fut assassiné pour avoir jeté une bible à terre!
Trujillo et Huanchaco: nous nous rendons en bord de mer
Youpii! Huanchaco est une petite station balnéaire où se côtoient surfeurs et pêcheurs. Ces derniers chevauchent des embarcations plutôt étonnantes : les Caballeros de Totoras (sorte de surf en roseaux rappelant ceux du lac Titicaca). Nous en profitons pour déguster le Cebiche traditionnel (plat de poisson et crustacés cuits au citron et au piment… ça arrache!)
caballero de totoras
Autour de Trujillo nous visitons deux sites archéologiques : Chan-chan et la Huaca de la luna. Chan-chan est l'ancienne capitale de l'empire Chimù. Le site, composé uniquement en terre crue s'étant sur 80 hectars et comporte 9 palais (chaque roi qui mourrait restait dans son palais et son successeur en construisait un nouveau). La ville abritait 80.000 habitants et était le siège politique et religieux de l'empire. Aujourd'hui, le site ressemble à un gros château de sable…
Huaca de la luna est un magnifique site religieux Moche (hihi!). La particularité du site est que l'on peut y observer des peintures d'époques. La Huaca del sol abritait les responsables politiques alors que la huaca de la luna était essentiellement un lieu cérémoniel (aucune personne n'y vivait et son accès était réservé à l'élite). Une fois tous les 30 ans, lors de perturbations climatiques (el niño) et afin d'apaiser la colère du dieu Ai-Apaec, les deux meilleurs guerriers Moches se combattaient et le perdant était sacrifié pour offrir son sang au Dieu.
Ai-Apaec - Huaca de la luna
Nous quittons la côte : direction la Cordillera Blanca! Nous posons nos sacs à Caraz et partons pour un trek de 4 jours (le Santa Cruz) au milieu de sommets enneigés dépassant les 6000!
Alpamayo
1er jour : départ de Caraz en collectivo. Notre don pour la négociation a rendu le chauffeur aigri. Nous arrivons à Cashapampa devant le poste de contrôle.. il faut savoir que pour pénétrer plus de 1 journée consécutive dans le parc, on nous demande de payer 15euros par personne :-s : C'est totalement hors budget! Maxime a réussi à récupérer un ticket encore valable (pas de vérification d'identité)… Mais pour que Karine puisse entrer sans payer, elle a commencé à raconter au garde qu'elle souffrait de problème pulmonaire et qu'elle sera de retour ce soir..et ça passe! Ouff, on est dedans.. on verra pour la sortie au moment voulu. Ça grimpe pendant 2h puis retour au plat pour les 3h qui suivent. Nous planterons la tente près d'une rivière histoire de cuisiner nos noodles gastronomiques! La nuit tombe et la température avec.. nous partons nous coucher de bonne heure.
2ème jour : Debout à 6h, on met gant, bonnet, et polaire car ça caille dehors! on replit la tente et mange quelques biscuits et en route! On longe un lac entouré de sommets enneigés puis on atteint un plateau où broutent vaches et chevaux. On profite de cet endroit paisible pour manger quelques fruits secs avant de reprendre la route, direction le camp de base de l'Alpamayo. Ça grimpe pour de bon! zig-zag..zig-zag.. on arrive en haut et là …pffff! Wouah! D'un côté on a une vue sur la vallée qu'on vient de faire et de l'autre sur l'Alpamayo (dite la plus belle montagne du monde). On mangera nos noodles gastronomiques ici
Après une petite sieste on reprend la route pour le prochain 'camping'. Après une pose au bord d'une rivière pour faire la vaisselle, boire un thé et faire cuire du riz, nous planterons la tente 20min plus loin à 4000m d'altitude. Tout comme hier nous serons au lit vers 18h.. Deux heures plus tard un orage nous réveille :-s … nous sommes dans une carapace métallique à 4000m d'altitude et un orage éclate à quelques petits kilomètres… on commence à penser à la mort.. ''de toute manière on ne se rendra compte de rien et nous serons tous les deux morts sur le coup..''. Finalement on se décide à se préparer à sortir, on se rhabille,prépare les sacs de survit (papier, eau, nourriture, kaway) et on attend de voir.. un éclair frappe à 3s (soit 1,5km!) nous sautons dehors, prenons la bâche de dessous et nous nous calons entre deux petits rochers. Un nouvel éclair frappe à 7s (moins de 5km)…nous attendons 40min recroquevillés dans notre abri avant de rejoindre notre tente une fois que le ciel s'éclaircit. Sacré coup de stress!
Camping à 4200m
3ème jour : À nous les 4750m! On sort de la tente dans un paysage givré. Karine se bat avec une vache qui lui a volé son paréo puis nous entamons l'ascension. Nous montrons tout doucement et avec beaucoup de peine ces 800m. Le souffle est court et l'ascension n'en finit plus! Finalement, nous atteignons le sommet (Karine est proche de la folie). Mais la vue vaut le détour, c'est vraiment l'highlight du trek! Vue à 360 degrés sur des lagunas turquoises et les monts les plus hauts de la cordillère! Nous descendrons pendant 5h avant de poser la tente à bout de force au bord d'un étang. Il fait froid, on a faim et le terrain n'est pas terrible. On dormira tout de même au chaud dans nos sacs.
4ème jour : on sort de la tente avec peine vers 7h. Dehors tout est blanc, la tente est dure comme du carton… nous mettons le tout dans des poches poubelles et partons à la rencontre du soleil! Après l'avoir trouvé nous ferons sécher la tente, mangerons notre lait concentré et nous reprendrons la route. À peine 50m plus loin … Poste de contrôle :-s… oupss! on fait comme si de rien n'était.. :-). Maxime montre son ticket (il s'appelle Ernesto et est allemand).. Karine, sa femme (ou plutôt Leila) a malheureusement égaré son ticket … zuut! Il nous fera un mot d'excuse en échange d'un putain de bakchich (20NS); avec le stress on n'a pas demandé le reçu :(. On reprend notre chemin avec le moral au plus bas.. Nous retrouvons la civilisation (fin du trek) et décidons de demander quelques info en échange d'un bouteille de coca.. : le poste de garde se situe sur la route, une sorte de péage avec barrière qui arrête tous les véhicules!Oh putain!!!Comment faire? … Nous sautons à l'arrière d'un camion et mangeons de la poussière pendant 3h! Arrivé au poste de péage le camion s'arrête..silence.. des voix retentissent.. puis le camion repart et nous pouvons apercevoir la barrière qui disparait à l'arrière du camion : Nous sommes passé! Comme deux clandestins nous fêtons notre victoire!!! On se fera un bon resto pour 15 euros!!!!
clandestino